Le ventre de Marie

7.4

Un autre jour, l’homme et Marie au même endroit qu’à leur dernière discussion.

« Moi je ne sais rien de ce que nous faisons, d’où nous allons », entama Marie.

L’homme souleva lentement son chapeau à plume et le posa à ses côtés avec lenteur et délicatesse, comme s’il s’était agit, avec prudence, de n’éveiller aucun des spectres plats tapis dans la ferraille du bus.

« C’est bien, chuchotait l’homme dans le silence de cathédrale du bus, Aucun ne le sait. Nous pourrions travailler une vie à étudier, nous ne saurions rien des connaissances de l’univers. Nous pourrions nous faire télécharger l’ensemble des découvertes de l’homme : Nous ne saurions rien. Tout l’extérieur à nous n’est qu’une construction des autres, et nous sommes une race de menteurs et d’affabulateurs ; souviens-toi la taille des bibliothèques de romans. Toi, tu es la plus sage d’entre nous : Tu te construis, tu t’inventes, tu ne sais rien, tu expérimentes. Ta destination, tu la construis ; tu n’empruntes pas les chemins des « savants ». Le chemin de ceux-là, où les crédules se suivent les uns et les autres. Tu es d’ailleurs ; je te vois, toi, de la race de ceux qui ont créés l’univers. »

Marie : « Non. J’ai du mal à endurer tout cela... Être heureuse, ou être triste, m’est insupportable. Alors je m’invente, oui. Alors peut-être que je saurais m’inventer des bonheurs et des déceptions acceptables... Je crois. »

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